jeudi 23 mai 2013
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dimanche 28 avril 2013
Démocratie
Les membres de la zone euro doivent se tenir prêts à céder leur souveraineté dans certains domaines aux institutions européennes pour permettre au bloc de surmonter la criseAngela Merkel, Berlin, 22 avril 2013
mercredi 24 avril 2013
Coup d'Etat feutré en France?
Ce billet, écrit à 16:19 par uscan dans la catégorie Divers a suscité :
samedi 13 avril 2013
La société du mensonge
Par exemple, voyez cette petite affichette que je découvre ce matin à la machine à café de mon entreprise.
Rien d'anormal ou de choquant n'est-ce pas? L'annonce est même plutôt sympathique. Quelle est la réalité de ce rendez-vous proposé par la société Selecta? Il sont en train de réaliser une enquête de satisfaction. Pas pour nous faire plaisir, mais pour pouvoir produire un argumentaire à leurs clients potentiels, dans l'objectif de trouver de nouveaux contrats et d'augmenter leur chiffre d'affaire. Ils savent que personne ou presque ne prendra le temps de répondre à leurs questions s'il n'y a pas une motivation, une carotte. Pour que leur démarche puisse aboutir, ils nous motivent, voire ils achètent un peu de notre temps en offrant boissons et viennoiseries.
Ils pourraient très bien nous présenter les choses ainsi : "Notre société réalise actuellement une enquête de satisfaction. Si vous acceptez de répondre à nos questions, nous serons heureux de vous offrir le petit déjeuner en échange".
Une telle annonce ne serait pas spécialement choquante. Pourtant, les communicants de Selecta ont préféré nous dire qu'ils avaient décidé de nous offrir un petit déjeuner et que... tiens, ça tombe bien, ils se trouve justement qu'il y a une enquête de satisfaction en cours... Ils vont en profiter pour mener leur enquête. En "profiter" signifie que ce n'est pas le but premier, mais que c'est un peu "l'occasion qui fait le larron" comme on dit. Comme si l'opération aurait eu lieue même en l'absence d'enquête. Or nous savons tous que cela est complètement faux. Le pire, c'est que les auteurs de cette missive, s'ils se posent la question, savent eux aussi que personne ne les croira. Mais ils choisissent quand même de mentir. Selon moi ce n'est même pas un choix, c'est un automatisme.
C'est un détail, une toute petite chose sans conséquence, et c'est pour cela qu'elle est si importante. Elle montre que le mensonge est devenu un fonctionnement par défaut, normal, réflexe, habituel. Cela ne choque plus personne. Le mensonge a pénétré tellement profondément le tissu de notre société, qu'il y est désormais omniprésent.
jeudi 11 avril 2013
L'arbre qui cache la forêt
Pour comprendre ce qui se trame, il est urgent de faire le travail que ne font pas les journalistes, à savoir enquêter sur le fonctionnement de cette banque, qui est passée maîtresse dans l'art de proposer discrètement des opérations ouvertement illégales aux riches contribuables français. En gros tout un département de la banque vit de l'argent public détourné de notre pays. Comme ces comptes sont secrets, il n'existent pas officiellement, ce qui explique le démenti officiel de la Suisse. Coup de bol, il y a le livre d'Antoine Peillon, très documenté. L'auteur lui-même est tombé des nues au fur et à mesure de son enquête, comme il l'explique dans ces émissions radio datant de mai dernier, ici et ici. Dans la seconde émission (soit à 15h39 le 4 mai 2012 sur France Inter) une femme témoigne de ce qu'elle a vu pendant 8 ans au sein d'UBS. C'est le moment d'écouter tout cela.
Pour finir, vous devez absolument écouter ce témoignage d'Edwy Plenel qui résume bien le fonctionnement du journalisme de masse aujourd'hui.
On peut aussi réécouter cet extrait
lundi 8 avril 2013
Rationnel? Responsable? Vraiment?
L'énergie nucléaire est porteuse de dangers tellement colossaux qu'on ne parvient pas à y croire. Lors de la catastrophe de Tchernobyl, le réacteur en fusion menaçait de s'effondrer. Si les "liquidateurs" n'avaient pas sacrifiés leur vie, une grande partie de l'Europe serait devenue inhabitable. Faites une pause. Ce n'est pas une fiction. Prenez la mesure de cette information... Quel motif économique peut justifier une telle prise de risque? Ce seul argument prouve que le choix du nucléaire n'est pas un choix responsable.
Mais même en oubliant ce risque disproportionné, et en se plaçant sur le champ purement économique, comme le font les politiques et une bonne partie des journalistes, le nucléaire reste un choix irrationnel. Si l'on veut honnêtement évaluer le coût de cette énergie il faut intégrer le démantèlement des centrales et le retraitement des déchets. Ces deux opérations coûtent des milliards. On ne sait pas comment les mener à bien. Depuis maintenant plus de 50 ans, nous n'avons toujours pas trouvé de solution pérenne et fiable. Nous agissons dos au mur, au moment où nous sommes forcés de parer au plus urgent, et cela coûte des fortunes qui annulent tout l'intérêt de cette énergie. Voyez un exemple dans ce reportage.
Notez que le nucléaire profite à des entreprises privées, et que les 10 milliards d'euros à prévoir à Asse seront payés par le contribuable.
Sachez aussi que certains pays, débordés par leurs déchets, trouvent des solutions complètement illégales et immorales. Ainsi l'Italie expédie des tonnes de déchets nucléaires sur les plages somaliennes. Avec des complicités politiques dans les deux pays, et des versements de pots de vins, des bateaux italiens déversent leurs futs radioactifs au large des côtes somaliennes. On retrouve les bidons sur les plages. Les riverains sont malades. C'est d'ailleurs dans cette zone que les villageois affamés (à cause de ces déchets et à cause des immenses bateaux de pêche européens et chinois qui pillent la mer) se transforment en pirates de la mer.
Si l'on intègre tous ces coûts différés, l'énergie nucléaire est la plus chère de toutes. Bizarrement, on vous rétorque souvent que l'homme trouvera des solutions, qu'il faut lui faire confiance... alors que nous n'avons pas le début d'une piste sérieuse. Les mêmes vous diront que les énergies renouvelables ne sont pas suffisantes à couvrir nos besoins, que ce n'est pas réaliste. Pourtant, dans ce domaine les voies de recherches prometteuses sont extrêmement nombreuses, certains pays comme l'Allemagne progressent rapidement. Il existe des centaines des solutions qui ne demandent que des financements pour s'étendre et sortir d'un cadre confidentiel. Mais bizarrement, là, on n'a plus confiance en l'homme.
Est-ce à dire que ce qui est dangereux, polluant, titanesque, centralisé, agressif, brulant est plus viril, plus sérieux, plus... rationnel? Et ce qui est petit, multiple, décentralisé, doux, accessible est moins... bandant?
De puissants lobbies parviennent à nous faire accepter des choix complètement irrationnels, et à les parer des vêtements du rationalisme et du sérieux. Pourraient-ils nous manipuler aussi furtivement si nous devenions tous conscients de ces émotions sous-jacentes?
vendredi 5 avril 2013
En Espagne toujours...
jeudi 28 mars 2013
La situation de nos voisins espagnoles
Ecoutez aussi ces trois émissions de "Là-bas si j'y suis" :
Sans lumière, sans eau, sans peur 1
Sans lumière, sans eau, sans peur 2
Sans lumière, sans eau, sans peur 3
mardi 19 mars 2013
Frédéric Taddeï défend la liberté d'expression (suite)
Ce billet, écrit à 01:15 par uscan dans la catégorie Libertés a suscité :
dimanche 17 mars 2013
Frédéric Taddeï défend la liberté d'expression
Le point de vue de Patrick Cohen est parfaitement emblématique du raisonnement majoritaire dans les rédactions. Il considère qu'il sait ce qui est vrai ou faux et qu'il a la responsabilité de propager le vrai et de taire le faux. Il n'a pas les moyens matériels de vérifier solidement la validité de ce découpage, qui ne tient que par l'habitude et par le milieu dans lequel il évolue, où presque tout le monde pense de la même manière.
Celui qui pense autrement soit se tait soit finit par disparaitre : partir, être placardisé, licensié, ridiculisé, censuré et dans quelques cas menacé ou poursuivi, je pense à Guillaume Dasquié ou Denis Robert par exemple.
Dans son école de journalisme on lui a expliqué à quel point il était un personnage important, on lui a dit qu'il était un rouage essentiel de la démocratie moderne, et c'est pour cela qu'il se sent investi d'une responsabilité : celle de dire ce qui est vrai, ce qui est, selon lui, objectif. Ce rôle le place d'emblée au dessus de la mêlée (la mêlée c'est vous, c'est nous), qu'il doit éclairer... D'une certaine façon, il incarne les Lumières, lui et sa profession.
Dans l'angle mort de cette stimulation égoïque, les budgets qui permettent d'enquêter, sur de longues périodes, et donc de gratter sous le vernis, de découvrir les rouages cachés de nos sociétés, sont en diminution constante et réduits à peau de chagrin. Il faut une journée pour tourner une "enquête" en suivant une bridage de police à la poursuite de petits délinquants, il faut des mois pour accumuler les preuves et les témoignages qui révèlent la corruption des élites. Plus aucun média de masse ne se donne les moyens d'effectuer ce travail. Le rythme imposé dans les rédactions est trop rapide, un sujet succède à un autre, on n'a que quelques heures, parfois moins, pour rassembler les informations... comment faire en quelques heures?
Heureusement, des synthèses diffusées par des cabinets de relations publiques (voir à ce sujet "La sombre histoire des relations publiques" de Valentine Gay et Ariel Wizman), souvent relayées par les agences de presse considérées d'emblée comme fiables (pas besoin de vérifier l'information) se chargent de fournir le matériel informationnel de base. La majorité des journalistes ne vérifient plus eux-mêmes les informations qu'il retransmettent, car ils la reçoivent d'autres journalistes, qui eux-même la reçoivent d'autres journalistes... et l'on a perd ainsi de vue le premier rapporteur, dont l'intention n'était pas toujours la "recherche de la vérité". Souvent, aligner des informations factuelles choisies, tandis que d'autres sont ignorées, suffit largement à dessiner le paysage que l'on souhaite.
Ce que comprennent tous les journalistes qui fouillent un peu plus en profondeur (je pense par exemple à Paul Moreira), c'est que ce discours unique transmet une "version de la réalité" voulue et promue par le pouvoir. Le pouvoir est incarné par une classe dirigeante où se mêlent aujourd'hui de façon indissoluble les intérêts économiques et les sièges politiques. Cette oligarchie, que John Perkins appelle "corporatocratie", que Noam Chomsky nomme "classe dirigeante" possède l'intégralité des grands médias. Elle y place naturellement ses affidés à leurs têtes, où ceux-ci constituent leurs équipes, en intégrant ceux qui portent sans remise en question apparente la voix de la vérité objective. Les écoles de journalisme se chargent de former ces esprits brillants, qui demeureront brillants aussi longtemps qu'ils ne remettront pas en question, par la pensée ou par l'enquête, par le travail ou l'investigation, la validité de la vision officielle du monde. Cette forme nouvelle de propagande est transmise par des individus que personne n'a en apparence contraint ou influencé. Ils font leurs choix éditoriaux en toute liberté, pas de téléphone rouge, aucune pression du pouvoir. C'est un milieu qui s'auto-reproduit par cooptation et par résonance. Le pouvoir n'a pas besoin d'y toucher. Le seul fait de posséder les organes de presse et les écoles de journalisme est suffisant.
vendredi 15 mars 2013
L'Espagne en plein délitement
Cette situation ravive les tensions du pays, et la Catalogne semble de plus en plus encline à imaginer son indépendance. C'est dans ce contexte que le général Chicharro a profité de l'occasion que lui offrait un discours au club des généraux à la retraire pour menacer, à mots à peine couverts, le gouvernement espagnol de coup d'Etat, s'il le fallait, pour préserver l'unité du pays.
Chez son voisin portugais, 2 millions de personnes ont manifestées contre la poursuite de l'austérité. Ces politiques sont contre-productives, et chacun le sait désormais. Lorsque l'on économise 30 milliards en coupes budgétaires, on perd 60 milliards d'activité économique. Ces politiques ont pour résultat de ruiner l'Europe. On le voit clairement aujourd'hui. Si cela se poursuit c'est qu'il s'agit sans doute du but recherché. Et effectivement, pendant ce temps, les Etats-Unis rachètent tout en utilisant leur planche à billet ; un outil interdit pour la vieille Europe.
Comment cela va-t-il se terminer? C'est difficile à savoir, mais on parle déjà d'un espace de libre-échange transatlantique, voire d'une monnaie commune entre l'Europe et les Etats-Unis. Une façon de prendre les commandes de l'Europe lorsqu'elle sera à terre? Nous verrons...
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