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Le Lien

Le rebord d'un pavé abimé, le reflet de la Seine sur le mur d'un café, le bourdonnement tranquille et propret des marchés, les vapeurs grossières de l'alcool raffiné, les allées pompeuses du Bois de Boulogne, l'odeur du travail avant même le lever du jour, le cycle des trains qui entrent et sortent, l'électricité malsaine, les hommes avalés par leurs machines, la saleté goudronnante et le pas solitaire, et surtout la pierre froide, qui à elle seule, peut tout raconter du monde de là-bas ; Paris, tu ne peux rien me cacher, tu ne peux pas me mentir, je ne peux pas te tromper. Mais Paris, je t'en prie, puisqu'à toi je suis lié jusqu'au lit, Paris, sois audacieuse, Paris, ouvre-toi ! Laisse-toi déborder, laisse nous te noyer ; mille bars par quartier, mille rues où passer où parler s'arrêter, mille jeux à trouver entre vieux entre gueux, mille lieux où brailler où aller débraillé. Permet nous de te fabriquer, Paris, laisse-nous nous faire mal, laisse nous gaspiller et le temps et l'argent, laisse nous nous tromper, laisse nous inventer. Tu as tout interdit, tu as tout classifié, tout est réglementé tout est sécurisé. Tu as tout mesuré tu as tout calibré, tout bien organisé tout bien optimisé. Tu es laide, Paris, tu es vieille et liftée, le teint pâle et les yeux boursouflés, trop de rouge sur tes joues, trop de mascarades, plus de jeux dangereux, plus de fête improvisée... même tes rebelles, biberonnés de télé, font pitié.
Ici, en Afrique, l'argent est partout : dans chaque rencontre, dans chaque échange, dans chaque intention. Pas seulement envers moi mais aussi entre les gens d'ici. C'est le manque, crois-t-on, c'est la pauvreté et la nécessité. Tiens donc... Mais Paris, répond-moi, par quel lien a-t-on pu ainsi te soumettre ?

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